Visite en avant-première de La Petite Bambigny
Elle n’a pas encore été officiellement inaugurée, mais nous vous en offrons déjà la visite : bienvenue à la deuxième unité de vie de la Maison d’enfants à caractère social (MECS) HOVIA Paris 19 !
Une vraie maison, que l’on s’approprie à son rythme
« Dans cette maison, que ses occupants ont baptisée La Petite Bambigny (pour Bobigny et bambini), nous prenons soin de six enfants de 6 à 11 ans, et nous en accueillerons bientôt quatre autres. Frères et sœurs partagent leur chambre, qu’ils ont commencé à décorer à leur goût. C’est une manière de les laisser s’approprier leur lieu de vie, à leur rythme », explique la directrice des lieux, Vanessa Kocer.
La petite Maïa ne « savait pas qu’on pouvait avoir une chambre comme ça. » « C’est mieux que ce que j’avais imaginé avant de venir et quand j’étais stressée » confie-t-elle.
HOVIA a conduit des travaux pour rafraîchir les peintures et créer une chambre pour une fratrie de trois. Mais comme il s’agit d’une vraie maison, la cuisine a gardé ses boiseries et les salles de bains leurs couleurs d’origine. Dans le jardin, le figuier porte encore les derniers fruits de la saison.
Qu’en pensent les enfants ?
« Ce que j’aime ici, c’est la maison, elle est grande et propre et l’environnement est agréable aussi. C’est calme et le jardin est grand, on peut jouer au foot ! », partage Emma*.
Farid*, lui, nuance : « Au début ce n’est pas facile de s’habituer à la vie sans nos parents, c’est toujours difficile mais les éducateurs s’occupent bien de nous alors je suis content. Il manque juste une table de ping-pong, mais ce n’est pas Disneyland, vous allez dire ».
Les premiers arrivés, parrains et marraines des nouveaux
L’accueil des nouveaux venus s’organise déjà. « Comme nous l’avons fait au Petit Pantin, la première maison que nous avons ouverte il y a deux ans, les premiers arrivés deviendront les parrains et marraines des nouveaux. Les règles de vie seront décrites par les enfants. Cela marche mieux ainsi », expliquent les cheffes de service de ces maisons, Mona Mousavi et Laëtitia Monteiro.
Des enfants qui ont besoin de repères
Reste à comprendre qui sont ces enfants. « Ils ne possèdent pas grand-chose à leur arrivée. Ils nous sont confiés par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) et s’installent ici, dans leur deuxième maison, pour une durée variable : quelques mois, plusieurs années, tout dépend de leur situation. La plupart arrivent en grande souffrance, après avoir subi des négligences parentales, des violences, des incestes. Certains ont le cœur lourd en pensant à leurs parents qui dorment à la rue. Le double agrément d’HOVIA pour ce lieu, enfants et adolescents, nous permet d’accueillir les fratries et de préserver au moins ce repère familial. Mais nous devons aussi penser à la suite, pour ces jeunes qui auront encore besoin de nous à leur majorité », reprend Vanessa Kocer.
Leur parole, au cœur de l’accompagnement
Écouter ces enfants est une priorité de l’équipe éducative. « Ici, nous voulons que leur parole soit entendue : chaque mois, nous tenons une réunion des enfants. Nous affichons des comptes- rendus illustrés de nos échanges et nous nous adaptons à leurs demandes. Nous avons par exemple inscrit Farid au club de foot, et proposé à Luisa* de faire du judo, car elle ne pouvait pas faire de natation en compétition. Emma*, quant à elle, voudrait que nous fassions plus de jeux de société ensemble », précise Mona Mousavi.
Un Noël à préparer ensemble
Cette année, tous les enfants de La Petite Bambigny y passeront Noël. L’équipe recherche des soutiens pour financer des sorties exceptionnelles, qui apporteront un peu de magie dans le quotidien des petits. Vos contacts et vos dons peuvent y contribuer très concrètement.
* Par respect de l’anonymat des enfants, leurs prénoms ont été changés.
vulnérabilité des enfants issus de la protection de l’enfance et porteurs d’un handicap